Présentations des plantes des réunions

 

Les orchidées dans l’imaginaire d’Emile Gallé (1846 - 1904).

 

 

« Gallé avait une passion particulière pour les orchidées qu’il étudiait d’abord en savant. Imprégné des travaux de Charles Darwin, il voulait comprendre le mystère de leur évolution en convergence avec les insectes qui assurent leur fécondation. Pendant près de trente ans, il a étudié toutes les formes des orchidées lorraines et, en 1900, au Congrès de botanique qui se tenait à Paris dans le cadre de l’Exposition Universelle, il a présenté devant les plus grands savants de l’époque, son travail sur l’évolution d’une espèce, l’Aceras hircina (aujourd’hui, Himantoglossum hircinum).

Dans ses œuvres, Gallé s’est inspiré des orchidées plus que de toute autre plante. Elles sont une confession, rédigée avec d’autant plus de délicatesse et de pudeur qu’elle relate une véritable liaison amoureuse, tellement profonde qu’elle en demeure encore plus ou moins secrète.

En grand botaniste, Gallé va longuement se pencher sur les Orchidées lorraines, afin d’apporter sa contribution à la compréhension de l’évolution du monde vivant. Initié par son maître Dominique Alexandre Godron aux problèmes posés par les anomalies des espèces, et fasciné par les théories de Charles Darwin, Gallé n’aura de cesse de découvrir les mystères de l’évolution par l’étude des orchidées lorraines, leurs variants et leurs hybrides. Ces variants et ces hybrides sont représentés tels quels sur des vases présentés dans l’exposition.

« Le document naturaliste le plus scrupuleux reproduit dans un ouvrage scientifique ne nous émeut pas, parce que l’âme humaine en est absente», écrivait Gallé. Pourtant, il reproduit exactement la réalité scientifique sur des vases aux orchidées lorraines des années 1890-1894. Point n’est besoin qu’il y apporte sa sensibilité d’artiste. Gallé a découvert, au travers de ces variants et hybrides, les forces prodigieuses qui modèlent le monde vivant et qui l’émeuvent jusqu’au plus profond de lui-même. Mais il peut aussi magnifier les orchidées lorraines par des œuvres somptueuses où l’artiste fait oublier le savant.

Les orchidées tropicales apparaissent dans l’œuvre de Gallé comme des interrogations sur l’amour et la mort. « Sied-il que la romance rose de vos Cattleyas, Mademoiselle Blaison, la cantilène lilas de vos Phalaenopsis soient autre chose qu’une audition momentanée ? Ce serait évidemment moins bien. Ce qui, dans la rigidité des espèces tropicales, au fond nous gâte la joie, c’est leur stabilité même ; en l’absence de tout signe vital, adieu les paternelles inquiétudes. Cette immuable santé nous refroidit comme ferait l’apparence de la mort ». (E. Gallé, « La floriculture lorraine au concours régional », Bulletin de la Société centrale d’horticulture de Nancy, octobre 1894.) »

 

Ces textes sont ceux des panneaux qui encadraient les sept pièces illustrées d’orchidées, exposées au Musée Départemental Georges de La Tour à Vic-sur-Seille (Lorraine) dans le cadre de la grande exposition « Emile Gallé, Nature et symbolisme, influences du Japon », en cet été 2009. Le catalogue de l’exposition est plus précis et fouillé ; je tiens à la disposition de qui le souhaiterait le chapitre consacré à la relation entre le créateur verrier et les orchidées. Par ailleurs, je tiens également à disposition une petite émission (sur support DVD) consacrée à l’intérêt de Gallé pour les orchidées.

 

Et d’ici-là, vous n’aurez pas de problème à identifier au moins trois des genres représentés ici, je suppose …

 

François Lejeune.

 

   Angraecum

 

   Coelogyne

   Ophrys

 

    Phalaenopsis