Présentations des plantes des réunions

Flora of the Venezuelan Guyana

volume 7, Myrtaceae Plumbaginaceae.

 

 

Auteurs: Julian A. Steyermark; Paul E. Berry; 

Bruce K. Holst (édit)

 

Ce livre pourrait aussi s’intituler : 

« Richesse des niches écologiques dans une région de tepuis »

 

Date de publication : 2003

 

Particularités : Cet ouvrage de flore générale comporte une section (pp. 200-619) consacrée aux Orchidaceae : 732 espèces (y inclus 6

hybrides naturels) appartenant à 157 genres, y sont décrites. – 765 pages.

 

La section consacrée aux orchidées comprend 341 illustrations botaniques d'excellente qualité, la plupart réalisées par Bruno Manara, auteur et illustrateur d'origine vénézuélienne. Les illustrations, dessins au trait en noir et blanc, représentent fidèlement I'habitus (port) des plantes et les fleurs (et, dans certains cas, leurs segments).

 

Quelques précisions géographiques

 

La région appelée Guayana couvre trois Etats : Delta Amacuro, Bolivar et Amazonas (voir carte), soit approximativement la moitié méridionale du territoire du Venezuela. Jouxtant les frontières du Brésil et de la Colombie, la Guayana vénézuélienne s'étend sur près de 500.000 km2, soit approximativement la taille de I'Espagne.

 

Dans la Guayana vénézuélienne, immense plaine couverte de savanes et de forêts humides, émergent d'imposants reliefs tabulaires constitués de roches gréseuses, les tepuis. Ces gigantesques formations géologiques sont caractérisées par une flore riche et un endémisme (¹) marqué. Au sommet des tepuis, les écosystèmes ont été isolés pendant des millions d'années. Par conséquent, la richesse des niches écologiques(²) qu'on y trouve n'a pas manqué d'attirer les botanistes et collecteurs d'orchidées depuis la fin du XVllle siècle.

 

 

 

(1) endémisme: un taxon est dit endémique d'une région quand on ne peut trouver ce taxon que dans cette zone. Les régions à fort taux d'endémisme sont appelées des 'points chauds'.

(2) niche écologique : terme créé par Grinell (1917), vulgarisé par Elton (1927). Place et spécialisation d'une espèce à I'intérieur d'un écosystème. La niche écologique répond aux exigences écologiques de I'espèce: environnement, alimentation, température, couvert végétal, etc..

 

 

 

Sables mouvants de la nomenclature

 

S'il est difficile de rester à jour face à I'évolution de la nomenclature, il convient certes de se tenir au courant des changements dont nous font 'cadeau' les taxonomistes. Dans ce livre, les auteurs utilisent, comme il se doit, la plus récente nomenclature. Ainsi, des espèces appartenant au genre

Oncidium ont été renommées : Oncidium ampliatum est devenu

Chelyorchis ampliata ; Oncidium carthagenense et Oncidium

nanum sont maintenant groupés dans Ie genre Trichocentrum.

 

Une publication, même récente, se trouve vite dépassée par ces changements de noms. Ainsi, dans cet ouvrage, les mouvances des taxonomistes mènent à la publication du nom Erycina pusilla (L.) N. H. Williams & M. W Chase, 2001(³)  pour I'espèce mieux connue sous Ie nom de Psygmorchis pusilla. Or, cette proposition nomenclaturale n'a pas fait long feu: elle a déjà été corrigée en 2003 (4).

 

Par contre, Ie nom de genre Prosthechea (5) est accepté par les auteurs, ce qui indique que nous devrions I'utiliser et mettre à jour nos étiquettes pour des plantes de certaines espèces auparavant groupées dans Ie genre Encyclia. Par ailleurs, les auteurs évitent I'écueil de la confusion relative à I'espèce Epidendrum ibaguense : ses fleurs doivent être resupinées pour porter cette épithète en toute légitimité (6).

 

Un livre de référence, au-delà des frontières 

 

Les amateurs d'espèces auront avantage à consulter, lire et étudier cet ouvrage puisque certaines orchidées présentes dans la Guayane vénézuélienne ont une aire de distribution qui s'étend non seulement aux pays limitrophes d'Amérique du Sud, mais également à l'Amérique centrale et à l'Amérique du Nord, voire même à l'Afrique, dans Ie cas de I'espèce Oeceoclades maculata

 

 

(3) Lindleyana 16(2), page 136. 2001

(4) Dressler, R. L. & N. H. Williams. A New combinations in Mesoamerican Oncidiinae (Orchidaceae)@ dans Selbyana,            pp. 2444-45. 2003

(5) Le rétablissement du genre Prosthechea a été proposé, en 1997, par Wesley H. Higgins (Phytologia, 82, volume 2, no 5,

pp. 370-383).

(6) Dressler, Robert L., AWil1 the Real Epidendrum ibaguense Please Stand Up?@ dans American Orchid Society Bulletin, volume 58, no 8, aoGt 1989, pp. 796-800.

 

Pour ma part, en consultant ce livre j'ai pu ajouter une cinquantaine de noms à la liste de contrôle des espèces colombiennes que j'établis, depuis1980, au fil de mes lectures orchidophiles (7).

 

Comme dans tout ouvrage de type encyclopédique, quelques erreurs se sont glissées dans la préparation du manuscrit. Ainsi, on indique que Ie genre Quekettia (nommé par Lindley en I'honneur d'un spécialiste anglais de I'anatomie des plantes, Edwin John Quekett) ne comporte qu'une espèce, Quekettia microscopica (sans allusion apparente aux attributs biologiques du botaniste...). Par contre, dans les bases de données nomenclaturales d'accès universel, on fait état d'une dizaine d'espèces. Ainsi, dans la base de données des Jardins Botaniques royaux de Kew, on reconnaît 7 espèces pour ce genre (8). Chaque genre représenté par au moins une espèce dans la Guayane vénézuélienne fait I'objet d'une description détaillée des caractéristiques communes aux espèces qui y sont groupées. Ainsi, il est précisé que Ie genre Pleurothallis compte près de 2000 espèces. Si vous ne possédez pas déjà quelques espèces de ce genre dans votre collection, voila un ouvrage qui pourrait vous inciter à I'exploration. Dans la seule région étudiée, 70 espèces sont présentes. !

 

Dans la Guayane vénézuélienne, on trouve une espèce du genre Teuscheria, ainsi nommé en I'honneur du concepteur et ancien conservateur du Jardin Botanique de Montréal, Henry Teuscher. II s'agit de Teuscheria wageneri.

 

Les orchidophiles intéressés par des indications horticoles concernant les espèces traitées trouveront, pour chaque espèce, des renseignements relatifs à I'habitat et à I'altitude où des spécimens ont été collectés.

 

 

Article tiré de l’Orchidofilière (Journal des Orchidophiles de Montréal) – Mars 2005 

Mise en page : J. Clinkemalie