Présentations des plantes des réunions

 

 

 

 

Comment cultiver correctement les Cattleya?

Cattleya est le genre dont les orchidées sont les plus populaires parmi les orchidées. Toutefois, si leur culture peut servir de point de repère, ces plantes défient fort souvent les plus chevronnés d'entre nous. Leurs fleurs superbes nous font souvent un clin d'oeil, comme pour nous encourager de cultiver qu'elles seules, les reines parmi les fleurs.

Les Cattleya existent actuellement dans presque toutes les couleurs et formes que l'homme s'est évertué à lui donner, tellement ce genre a servi ses besoins d'hybridation. De plus, le genre a servi de multiples croisements inter-génériques (entre genres) enrichissant par la même occasion nos tablettes de plantes aux formes et couleurs nouvelles ne déparant absolument pas avec leurs ancêtres botaniques.

En règle générale, les Cattleya et genres dérivés se cultivent d'une manière fort semblable. Les multiples espèces, tant botaniques qu'hybrides suivent les mêmes règles générales de culture, quelques exceptions près naturellement. Les Cattleya sont, comme beaucoup d'orchidées exotiques, des orchidées épiphytes. Ce sont des " plantes aériennes ". Elles ont développé pour ce faire des organes de stockage d'eau, les pseudo-bulbes, et des racines typiques, charnues, recouvertes de cette couche de cellules à forte capacité de rétention d'eau, le vélamen. Elles supportent fort bien une sérieuse période de sécheresse. Tous ces éléments nous indiquant que les Cattleya devront être cultivés dans des milieux bien aérés et fort drainants.

Lumière

La lumière est, si pas l'élément primordial dans la culture des Cattleya, au moins, un paramètre essentiel. Les Cattleya ont besoin de beaucoup de lumière pour croitre et fleurir. Plus les plantes en reçoivent, mieux elles se portent. Souvent, si une plante ne fleurit pas, que ses feuilles présentent une couleur vert foncé, bien luisant et qu'elle pousse plutôt de travers que bien verticalement, c'est à un manque de lumière qu'elle le doit.

Et bien entendu, elle ne fleurira pas. Même constat si les nouveaux pseudo-bulbes sont plus petits que les précédents. Que la plante soit cultivée en serre ou sur un appui de fenêtre, elle demande un maximum de lumière...sans pour cela devoir brûler sous les rayons du soleil.

Bien que charnues et fort résistantes, les feuilles sises à la partie supérieure des pseudo-bulbes, sont aussi susceptibles d'être endommagées par un soleil éclatant derrière une vitre.

Veillez à mettre vos plantes dans une situation où elle reçoivent le soleil en début ou fin de journée, mais le maximum de lumière durant le reste de la journée. Aussi en hiver, quitte à devoir les déplacer à certaines saisons afin de palier au manque de luminosité.

Pourquoi tant de lumière? Chaque plante en a besoin pour réaliser ce cycle chimique bien connu que l'on appelle photosynthèse. Les Cattleya ont, en soi, besoin d'énormément d'énergie pour grandir et fleurir. Cette énergie est justement libérée par ce processus biochimique qu'est la photosynthèse Sans cela, la plante restera plus ténue, voire même rachitique ne fleurira pas.

Comment savoir si la plante reçoitt assez de lumière? Les nouvelles pousses, les nouveaux pseudo-bulbes doivent, dès leur apparition, pousser bien verticalement. Chaque nouveau pseudo-bulbe se doit d'être au moins de taille égale à son prédécesseur ou même le dépasser. La feuille doit être très ferme, de couleur légèrement délavée , plutôt vert olive.

Que faire en cas de " trop-plein " de lumière? Ne pouvant pas toujours bouger les plantes, celles-ci sont parfois exposées à trop de lumière, pouvant les endommager. Une alternative est de ventiler convenablement ou de vaporiser de l'eau afin de rafraîchir l'atmosphère et ainsi limiter le risque de brûlures. Un ombrage adéquat, aux moments les plus chauds de la journée: voire dans les endroits les plus chauds de la pièce de culture est, bien entendu. la solution idéale.

Température

Les Cattleya supportent, dans leurs milieux naturels respectifs, des températures allant de 10°C à environ 30°C. Toutefois, en règle générale, ce genre vit à des températures nocturnes de 14-16°C et diurnes de 25-30°C ; une différence de 7 à 8°C étant indispensable à la mise fleur de la plante. Les semis de Cattleya demandent en moyenne 2 à 3°C de plus la nuit pour bien se développer. Lorsque les plantules auront atteint un âge correspondant à leur "adolescence ", les températures seront alignées sur celles données aux plantes adultes.

Pourquoi cette différence de températures diurnes/nocturnes? Comme pour beaucoup de plantes, orchidées ou autres, cette différence marque le régime de croissance journalier. Nous aussi, dormons la nuit afin de récupérer des efforts de la journée. Ainsi font les plantes: elles se reposent également.

Une température trop élevée la nuit les pousserait à continuer à puiser dans leurs réserves alimentaires et à se fatiguer plus qu'il n'en faut. Cette croissance ininterrompue a comme effet que la plante grandit et développe " sa partie verte " au détriment de son organe reproducteur qu'est la fleur. Et elle ne fleurit pas durant cette saison. Un bon réglage des températures, une ventilation adéquate et une brumisation selon les conditions de culture permettent de bien maîtriser cet état de fait.

Arrosage et humidité

Il existe plusieurs manières, selon le type de culture, de bien humidifier un Cattleya. En mouillant bien le substrat si vous cultivez en pot ou en vaporisant convenablement les racines, si vous cultivez sur support.

Les Cattleya sont dotés d'organes pouvant contenir l'eau que les racines captent. Ce sont les pseudo-bulbes. Ils sont à la plante ce que les bosses sont au chameau. Ils lui donnent sa forme caractéristique et lui servent à se maintenir en vie dans des conditions plus difficiles. Les racines sont, elles-mêmes, couvertes d'une couche de cellules vides, le vélamen. Cette peau est blanche quand elle est sèche: les cellules qui la constituent sont alors vides. La couleur blanche est due à l'effet de la lumière qui se réverbère sur elles. Dès que ces cellules se gorgent d'eau, cette peau devient transparente et prend la couleur des cellules constituant l'intérieur de la racine et devient verte. Le bout des racines " actives ", celles qui recherchent de l'eau et qui as:surent à la plante nourriture et fixation est toujours vert. Cet indice permet de bien visualiser les racines nouvelles des plus anciennes.

Les Cattleya supportent un peu de sécheresse entre deux arrosages ou brumisations. Cela permet aux racines de bien se développer et de bien fixer la plante à son support. Il n'est pas rare de trouver des racines de plusieurs mètres de long, fixant une plante à une écorce.
Cette petite sécheresse permet aussi aux racines de ne pas pourrir. Ceci est certainement fort important pour les plantes cultivées en pot, dont les racines restent souvent confinées dans un espace réduit.

Les plantes en pot demandent en outre un substrat fort grossier, fait de morceaux dont la granulométrie est élevée (2-3 cm), fort aéré, non collant et bien drainant. Ce compost doit pouvoir retenir un peu l'eau, mais celle-ci ne peut y stagner. Le choix du pot est également fort important pour l'arrosage: un pot en terre cuite sèchera plus vite qu'un pot en plastique. De plus, la terre cuite permet aux racines de mieux s'accrocher.

En cas de doute, abstenez vous d'arroser. Mieux vaut passer son tour: la plante se portera mieux avec moins d'eau qu'avec trop. Sans bien entendu exagérer dans la diète. . .

L 'humidité ambiante est aussi un facteur de bonne croissance. Il est possible de la maintenir élevée dans une serre. Moins dans un appartement, quoique avec quelques trucs... En serre, une humidité de 60 à 0 % est optimale. Un brumisateur ou un système de vaporisation automatique peut vous y aider.

Sur appui de fenêtre, la culture " pot en pot " ou " en îlot " est un truc pour une bonne croissance. Utilisez de la tourbe ou de l'argex (argile expansée) pour garnir la couche sous et autour des pots de Cattleya. En gardant ce lit bien humide, on crée un microclimat à l'entour de la plante en lui garantissant une humidité locale plus élevée que dans le reste de l'appartement.

Fertilisation

Les Cattleya sont des plantes terriblement voraces. Elle ont besoin de beaucoup d'énergie pour bien grandir et fleurir et demandent donc beaucoup d'engrais. Dans leur milieu naturel, le plantes se nourrissent de ce qu'elles reçoivent du ciel. Et en forêt tropicale, cet apport est régulier et copieux.. .mais à petite dose. Déjections d'oiseaux, détritus végétaux en décomposition forment la base de leur apport en sels minéraux et organo- éléments, qui grâce aux pluies fréquentes et à la haute humidité régnante, se dissolvent et sont absorbés par les racines.

Epiphytes de nature, les Cattleya reçoivent donc leur nourriture en permanence, mais sous forme extrêmement diluée. Ce point est crucial car il empêche les racines de brûler par excès de nourriture, d'engrais naturel. Nous devons donc respecter ce point et fournir notre apport de nourriture sous une forme fort diluée. Beaucoup plus diluée que ne le conseille le fabricant. En général, 1 ml d'engrais par L ou 2 L d'eau. Et aussi alterner 1 apports: 2 x engrais, 1 x eau claire. Ceci sert rincer les racines et le substrat d'éventuels excès d'engrais pouvant s'accumuler aux racines et les brûler.

Quels engrais utiliser? Qu'ils soient organiques, minéraux, les engrais seront bien dosés selon leur composition selon la période de croissance de la plante. En effet, en début croissance, un engrais plus riche en azote (N) sera apprécié pour permettre à la plante de bien grandir. Ensuite, un engrais p: riche en phosphore (P) permettra de parfaire la croissance et favoriser une belle floraison. Certains substrats se décomposent d'eux-mêmes en libérant des particules minérales pouvant être absorbées par la plante. Il convient de tenir compte de cet apport " parasite ". Si vous utilisez des substrats plus naturels (osmonde, écorces, sphaigne) les engraissements supplémentaires sont à proscrire, car ils " tuent " le substrat et le décomposent plus vite que ne le ferait le processus naturel. Avec pour conséquence une acidification du compost au niveau des racines et une possible détérioration de la plante.
Attention donc.

Pour les plantes cultivées en épiphytes, il est aussi utile d'appliquer des engrais foliaires afin de palier la difficulté de nourrir aux engrais traditionnels une plante sur support.

Substrats - compost

Comme décrit plus haut, les Cattleya, épiphytes, demandent de l'air autour de leur racines. Si vous les cultivez dans un conteneur, elles n'aiment pas être confinées, entassées, pressées dans un pot. Et encore moins dans un pot froid, humide en permanence. Pour ce faire, il faudra utiliser un compost, naturel, artificiel ou mixte, assez gros mais fort drainant, avec toutefois la particularité de pouvoir retenir assez d'eau ou d'humidité. Un mélange d'écorces, de grosse vermiculite, de billes d'argile expansée, de charbon de bois fera magnifiquement l'affaire. Chacun de ces matériaux peut, bien entendu, être utilisé selon un dosage qui vous est propre. J'ajoute toujours des cailloux dans le fond de mes pots, afin de donner un peu de poids et ainsi stabiliser les pots. Utile, surtout pour les plus grandes plantes qui ont parfois tendance à vouloir basculer. Le charbon de bois a aussi un effet anti-moisissures fort intéressant. Plus besoin d'utiliser des fongicides en sa présence. De plus, il irrite au plus haut point les limaces qui n'apprécient pas son contact.

Le rempotage des plantes se fait le moins souvent possible: quand la plante croît hors de son pot, quand le substrat est tassé et ne permet plus aux racines de bien respirer, quand la plante est instable, .. .alors on procède au rempotage. Les avis divergent, mais j'ai pour habitude d'éliminer un maximum du substrat précédent si celui-ci est détérioré. S'il est encore intact et que je rempote parce que ma plante a besoin de plus d'espace pour grandir et que les racines sont bien vivantes mais impossibles à démêler, alors je laisse la motte intacte et remplit le nouveau substrat autour des anciennes racines.

Si une plante devient trop encombrante, elle sera scindée, pour autant que chaque nouvelle plante présente au moins 3 pseudo-bulbes bien vivants. Veillez à respecter ce précepte afin de garantir une meilleure reprise de la plante. Bien fixer la plante à un tuteur stable dans le pot. Une plante ballottant ne grandit pas bien et finit par péricliter. Veillez aussi à ce que votre matériel soit exempt de contamination.

Maladies- insectes

Les Cattleya sont des plantes coriaces, qui sont fort peu attaquées par des insectes ou des cryptogames (moisissures). Toutefois, les jeunes pousses sont encore fragiles et sont la proie des insectes suceurs et broyeurs. Les insecticides traditionnels sont alors d'usage. Les limaces sont aussi une plaie. Elles transforment les plus belles plantes en de magnifiques dentelles...si on n'y prend garde.

Un réel danger provient de l'utilisation de matériel sale lors du rempotage ou d'une division de plantes pouvant provoquer une infection virale de la plante, se manifestant par l'apparition de taches sur les feuilles et les fleurs, une moins belle et moins abondante floraison ou des fleurs dotées de couleurs inattendues. La vaporisation d'extraits de nicotine de cigarettes peut répandre la mosaique du tabac sur les plantes. Toute plante virosée est alors irrémédiablement perdue et doit être mise à l'écart de la collection, voire détruite pour éviter toute contamination ultérieure.

Nous allons parler particulièrement d’une certaine Cattleya qui est assez rare dans les collections ;

La Cattleya schilleriana

Cattleya botanique de petite taille, capable de nous séduire avec ses couleurs éclatantes, c’est la Cattleya schilleriana.

Bien qu’elle soit maintenant produite à partir de graines, même au Brésil, Cattleya schilleriana est toujours rare dans les collections.

C’est une petite espèce dont les pseudobulbes les plus grands n’ont pas plus de 15 centimètres. Il existe, semble-t-il, une forme plus grande, dont les pseudobulbes mesurent 20 à 25 centimètres, mais cette différence pourrait n’être due qu’à des conditions culturales différentes. Quoi qu’il en soit, la plante est semi-naine.

Les pseudobulbes portent à l’apex deux feuilles oblongues, de 6 à 10 centimètres. Les uns et les autres sont souvent teintés de rouge, et les feuilles sont pointées de rouge-brun. L’inflorescence est assez courte et porte rarement plus d’une à deux fleurs, mais quelles fleurs ! (voir photographies couleur).

De 7 à 11  centimètres de large, ces fleurs sont épaisses et cireuses, et les marges du sépale dorsal et des pétales sont ondulées, ce qui leur donne un peu l’aspect d’un Schomburgkia auquel elles sont apparentées. Leur couleur varie du vert-olive teinté de brun jusqu’à l’acajou-rosé profond, l’une et l’autre couleurs fortement pointillées de rouge-brun. Ceux qui possèdent une Cattleya schilleriana de couleur acajou rosé ont une chance exceptionnelle, car si Cattleya schilleriana est rare dans les collections, la couleur acajou-rosé l’est encore plus. Le labelle de cette espèce est blanchâtre, fortement rayé d’améthiste-pourpre, avec une région centrale jaune. Les lobes latéraux se retournent au-dessus de la colonne, tandis que le large lobe médian en forme de rein a de minuscules franges.

Cette espèce a fleuri pour la première fois en Europe en 1857 dans la collection du Consul Schiller de Hambourg en Allemagne, importée du Brésil mélangée à d’autres plantes. Deux ans plus tard, l’Angleterre la vit fleurir aussi et elle fut envoyée à Kew.

Au Brésil dont elle est native, Cattleya schilleriana est endémique aux Etats d’Espirito Santo et de Bahia. Elle grandit sur des arbres et des buissons couverts de mousse et parfois aussi sur des rochers, à une altitude d’environ 800 mètres. Ces régions sont dotées d’un climat humide avec, les trois mois très secs de l’été brésilien, une importante rosée nocturne.

De ce qui précède, on déduit que ces petites plantes s’adaptent bien en montage sur écorce ou dans des paniers suspendus, avec un taux d’humidité ambiante fort élevé. Beaucoup de lumière leur est nécessaire, ainsi qu’une bonne ventilation, et pour celles qui sont en pot ou en panier, un substrat très drainant.

La floraison survient après les fortes pluies de printemps.

Fiche de culture

 

Lumière : brillante. Un éclairage nocturne même léger est à proscrire car il annule la floraison.

 

Température : Intermédiaire à chaude.

 

Humidité :Janvier, février, mars secs avec   rosées matinales compensées par de légères pulvérisations. Printemps et période de croissance active : arrosages fréquents tout en permettant au substrat de sécher entre les arrosages.

        Bonne humidité ambiante.

 

Ventilation: De plus en plus importante avec l’élévation de l’humidité et de la température.

 

Récipients:En paniers suspendus oude    préférence montés sur écorces.

 

Compost:Très drainant et aéré.

 

Floraison:Fin printemps ou début été.Parfois deux fois par an.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

The Cattleyas and their relatives, vol. I

Carl L. WHITNER

Timber Press, Portland, Oregon

 

Orchids of Brazil

Jim and Barbara Mc Queen

The Text Publishing Company

Melbourne Australia

 

The Manual of Cultivated Orchid Species

H. BETCHEL, P. CRIBB, E. LAUNERT

The MIT Press, Cambridge

Massachusetts

 

Cephalotus