Présentations des plantes des réunions

 

 

 

 

Plectrelminthus caudatus

 

Emblème de notre club « Les Orchidophiles Réunis de Belgique ».

Ce robuste et remarquable épiphyte possède des tiges à feuilles denses et des racines grisâtres très épaisses.
Les feuilles naissent toujours les unes près des autres et sont de couleur vert jaunâtre.
Chacune d’elles en forme de lanière, longueur de 10 à 35 cm, large de 1,5 à 3,5 cm se termine en 2 lobes inégaux.
Les inflorescences surgissent aux aisselles des feuilles les plus basses, elles s’étendent d’abord horizontalement mais deviennent souvent pendantes sous le poids des grandes fleurs charnues.
De 4 à 12 fleurs naissent sur l’axe en zigzag de l’inflorescence qui peut atteindre 60 cm ou plus de longueur.

Les fleurs sont largement espacées, agréablement parfumées et de longue durée.
Sépales et pétales longs de 3,5 à 5 cm sont de couleur vert pâle souvent teintée de bronze.
Le labelle est habituellement dressé, de couleur blanc ivoire et sa pointe effilée vert pâle.
 Deux petites saillies forment une curieuse caractéristique sur l’attache du labelle, elle forme un pont en forme de chevron qui unit presque les deux bandes de tissus épais qui se projettent en avant de la base de la colonne.
 L’éperon épais, à la base de l’attache, ressemble à un ver, il est tordu en spirale et mesure de 17 à 25 cm de long.
 Les sépales latéraux, rejetés en arrière derrière l’éperon, se rejoignent par la base.

Quand cette espèce spectaculaire fleurit en Angleterre en 1835, elle fut décrite comme remarquable et extrêmement rare.
 Les premières plantes furent emportées de Sierra Leone par Mr Conrad Loddiges d’Hachney et furent décrites par Lindley comme « Angraecum à longue queue ».
 Il remarqua la longueur inhabituelle de l’éperon, le comparant à Angraecum sesquipedale de Madagascar qui a le plus long éperon connu.
 Un autre trait remarquable de la fleur est la curieuse torsion à la jonction du pédicelle et de l’ovaire qui oblige la fleur à se tenir de telle manière que la lèvre se trouve parallèle à l’axe de l’inflorescence (rachis).
 Habituellement celui-ci est pendant, de telle sorte  que la lèvre est tenue dans une position dressée avec l’entrée de l’éperon à sa base.
 Lorsque la plante, telle qu’elle est illustrée plus loin, est cultivée, l’axe de l’inflorescence reste horizontal.
 La large colonne avec sa coiffe d’anthère voyante et son rostelle est extraordinaire et différente des autres espèces dans le genre Angraecum. 

Peu de temps après la publication de la description de Lindley, cette espèce fut à nouveau décrite par le naturaliste et auteur Constantin Rafinesque, comme le type d’un nouveau genre comptant une seule espèce, Plectrelminthus.
 Ce nom fait allusion à la forme de ver de l’éperon et l’épithète bicolore que Rafinesque utilisa, est bien choisi pour cette espèce.

Bien malheureusement, le nom de Lindley fut publié en premier de telle sorte que cette espèce si  particulière et qui représente un genre par lui-même doit porter l’épithète spécifique caudatus mais devrait conserver, pour être correcte, l’appellation bicolore donnée par Rafinesque.

Bien qu’encore rare en culture, cette espèce est reconnue commune dans différentes parties de l’Afrique occidentale.

Elle est connue dans une large ceinture s’étendant vers l’est à partir de la Guinée française jusqu’au Gabon et au Congo Belge.
 Elle est toujours trouvée dans des régions reconnues comme chaudes et dans des endroits où les plantes sont presque totalement exposées aux forts rayons du soleil équatorial à une altitude de 500m.

Culture:

Elle peut être cultivée en panier suspendu, sur plaque ou soit en pot.
Arrosage : le compost doit sécher entre deux arrosages afin d’éviter le pourrissement des racines.
La période de repos commence vers fin automne jusque fin février.
Il est préférable de la placer dans un endroit chaud et humide, plein soleil mais non direct.
Cette plante exige énormément de luminosité, donc, une fenêtre Est ou Ouest serait idéal.

Traduit d’après :

Orchids of Africa A select review
J.Steward pour le texte
E.F.Hennessy pour l’illustration publié par The Mac Millan Press L.T.D.
London et Basingstoke