Présentations des plantes des réunions

 

 

 

Thunia marshalliana.

 

Quelques-uns d’entre vous ont eu l’occasion de gagner un pied de cette grande espèce lors des tombolas de l’automne. Voici donc quelques renseignements utiles pour une culture optimale.

Le genre Thunia a été créé en 1852 par Reichenbach fils, qui l’a dédié au Comte von Thun Hohenstein of Tetschin. Dans la très vaste sous-famille des Epidendroideae, sa classification précise est discutée : selon Dressler (1995), il est le seul genre de la sous-tribu des Thuniinae, à l’intérieur de la tribu des Coelogyneae ; ceci dit, le même botaniste l’avait précédemment (en 1983) rangé dans la tribu des Arethusae  et la sous-tribu des Thuniinae. Retenons simplement qu’elle est proche des Bletilla, des Calanthe, des Phaius.

Le genre ne compte que 5 espèces, réparties dans toute l’Asie du Sud-Est, avec quelques extensions jusqu’en Chine et en Inde. Proche des Phaius, il s’en distingue entre autres par des pseudobulbes en forme de cannes recouvertes sur toute leur longueur de feuilles ovale douces, voire duveteuses, et par ses inflorescences terminales affaissées, qui se développent sur les jeunes pousses et portent de 5 à 10 fleurs.

Les plantes, à feuilles caduques, sont moyennes à grandes (de 80 cm à 1,50 m), et poussent sur le sol (ce sont des plantes terrestres), en touffes qui peuvent s’étendre considérablement (plantes sympodiales).

 

Thunia marshalliana est l’espèce la plus courante, dans la nature (Birmanie, Thaïlande, sud de la Chine) comme dans les collections. Ses grandes fleurs sont blanches, avec un labelle blanc marqué de jaune-orange. Chaque fleur est relativement éphémère, mais les boutons se succèdent durant plusieurs semaines.

Thunia alba, une espèce très proche, voire une sous-espèce, a des fleurs légèrement plus petites, et un labelle plus étroit, marqué d’un jaune plus pâle.

Le compost pour orchidées terrestres lui conviendra sans problème : un mélange à part égales de terreau, de tourbe et de sable. 

Le cycle végétatif est bien marqué, du chaud et humide à la bonne saison au froid et sec en hiver. Si nécessaire, en début de printemps, rempoter dès l’apparition des nouvelles pousses, et de toute façon, dès les beaux jours, placer la plante dans un local chaud, humide et légèrement ombré. On attendra que les nouvelles pousses aient atteint 15 à 20 cm de haut avant d’arroser normalement : les racines doivent s’être d’abord étendues dans le pot. L’arrosage sera copieux et régulier durant toute la bonne saison, jusqu’à ce que, après la floraison, les feuilles des pousses de l’année précédente jaunissent et tombent en fin d’automne ; une fois partiellement dégarnie, la plante devra être conservée à la lumière, au frais (minima de 10 -12 °C), et au sec, jusqu’au démarrage des nouvelles pousses. 

La plante se multiplie facilement par division des touffes, et, méthode plus rare chez les orchidées, par bouturage des cannes, au printemps. Pour cela, deux techniques : soit, vous repiquez de petits tronçons de cannes, verticalement, dans un compost très léger (sphagnum desséché ou mousse vivante), comme vous le feriez pour des arbustes classiques ; soit vous couchez sur ce compost, en les laissant affleurer, des sections de cannes comptant chacune deux ou trois nœuds ; de nouvelles plantes pourront se développer à partir de ces nœuds. Conservez le substrat légèrement humide, mais assurez une bonne hygrométrie à la bouture. Cette méthode fonctionne également avec certains Dendrobium à longue canne.

 

 

F. Lejeune.