Présentations des plantes des réunions

 

Angraecum Lady Lisa,

un bel hybride à floraison estivale.

 

Le genre Angraecum regroupe environ 200 espèces monopodiales, essentiellement épiphytes, réparties sur l’Afrique tropicale et quelques îles de l’Océan Indien.
Les plantes mesurent de quelques centimètres (A. praestans) à près de 1,5 mètre (A. sesquipedale, A. eburneum, A. longicalcar …).
Les fleurs, généralement de consistance cireuse, sont d’assez longue durée (de 4 à 6 semaines).
Elles sont le plus souvent blanches (parfois jaunâtre et verdâtre), parfumées la nuit, et prolongées par un long éperon nectarifère ;
cet ensemble de caractéristiques signale que leur pollinisateur est un insecte nocturne peu abondant dans son milieu. 

On connaît assez l’anecdote de la prédiction que fit Darwin, devant la fleur d’Angraecum sesquipedale, la plus grande de la famille des orchidées :
le pollinisateur, encore inconnu, devait être pourvu d’une trompe de 30 centimètres, pour pouvoir accéder au nectar concentré au fond de l’immense éperon.
Quarante ans et bien des moqueries plus tard, on découvrit le papillon en question ; et ce n’est qu’au début de notre XXIème siècle que les naturalistes ont pu filmer
ce Xanthopan morgani praedicta en train de polliniser effectivement la plante.

Les Angraecum se cultivent assez facilement en serre tempérée – chaude, exposés à une luminosité moyenne à intense, sans période de repos marqué ;
leur substrat ne peut jamais rester sec.

Ce genre, apparenté de près aux Aerangis, offre de belles opportunités d’hybridation avec les autres monopodiales africaines et même asiatiques,
mais les obtenteurs commencent à peine à exploiter sérieusement ce potentiel. On ne trouve qu’une cinquantaine d’hybrides intragénériques (entre Angraecum),
et une trentaine d’intergénériques (avec des Aeranthes essentiellement, mais aussi des Ascocentrum, Aerangis,  Cyrtorchis, Eurychone, Neofinetia,
Oeoniella, Plectrelminthus, Rhynchostylis, Sobennikoffia
).

 

Angraecum Lady Lisa est un des hybrides parmi les plus anciens (il a été enregistré en 1977).
Ses deux parents présentent quelques caractères exceptionnels pour le genre, et contradictoires. 

L’un, Angraecum scottianum, est une petite plante épiphyte des Comores, de climat chaud, sans période de repos,
et au feuillage cylindrique (signe d’une très forte exposition au soleil).
Ses fleurs blanches se succèdent une à une, jamais simultanément sur la même hampe ;
leurs pétales et sépales paraissent très étroits en comparaison avec le labelle qui est au contraire très large.
Ces fleurs de bonne taille ne sont pas resupinées (le labelle est en position supérieure), une particularité très visible,
et rare dans ce genre (l’exception la plus connue étant le grand Angraecum eburneum).

L’autre parent, Angraecum magdalenae, est également une espèce de petite taille, originaire des moyennes montagnes de Madagascar.
Sa fleur blanc pur, bien pleine et proportionnée, est une des plus belles du genre.
L’espèce supporte le plein soleil (surtout pendant la période de semi-repos hivernal), mais est également adaptée à la mi-ombre.
Elle est semi-terrestre, semi-lithophyte (mais adaptable à un substrat d’épiphyte !), et est un des rares Angraecum qui préfère une culture en serre fraîche:
les températures nocturnes hivernales descendent parfois jusqu’à 10 °C, dans ses montagnes d’origine.
Un léger repos (sans laisser sécher les racines) est nécessaire à la mauvaise saison.

Avec des conditions de culture aussi opposées, ces deux parents avaient tout pour ne pas s’entendre, et pourtant …
Leur rejeton harmonise les extrêmes et réclame des paramètres de culture uniformément moyens.
C’est une plante de petite taille, idéale pour la serre tempérée, adaptée à un ensoleillement moyen (son feuillage est par endroits plissé longitudinalement,
combinaison de celui de ses parents), avec un léger ralentissement des arrosages hivernaux.Elle fleurit en été.

Les fleurs blanches (une seule par hampe) sont proportionnellement grandes, larges, et resupinées.
Elles ont tendance à pendre un peu, au bout d’un pédoncule et d’un pédicelle assez longs et souples.
De consistance cireuse et très durables, elles s’ouvrent au gré de leur maturation (sur ma plante, les quatre fleurs étaient presque synchronisées ;
elles se sont ouvertes successivement, à une dizaine de jours d’intervalle chaque fois, donc assez vite pour me faire profiter d’une potée entièrement épanouie.)
Dès la tombée du soir, elles exhalent un parfum épicé très puissant : le clou de girofle y domine, parmi d’autres senteurs plus difficiles à identifier.

Angraecum Lady Lisa a servi à son tour de parent, avec le grand Angraecum sesquipedale, pour produire un hybride certainement de grand intérêt … et toujours aussi blanc.

 

Notre Collection abrite également un hybride non baptisé, Angraecum didieri X mahavavense. Ses deux parents, épiphytes de fort petite taille,
poussent tous les deux dans des zones plutôt ombragées, humides et chaudes de Madagascar.
Les hampes, très courtes, sont uniflores. Les fleurs de chaque espèce, blanches, se ressemblent beaucoup entre elles (A. mahavavense a des fleurs plus diaphanes),
et l’hybride obtenu  ne se distingue guère de ses deux parents. Du fait du croisement, il est sans doute simplement plus vigoureux.

 

La culture de ces deux hybrides est fort facile en serre ; elle doit être relativement aisée dans une véranda bien humidifiable ;
et sans doute possible en maison voire en appartement. Chacun peut donc se laisser tenter.

 

 

 

La fleur non resupinée d’Angraecum scottianum.

 

 

 

 

 

La fleur compacte d’Angraecum magdalenae.

 

 

François.