Présentations des plantes des réunions

La culture en serre froide

 

La culture en serre froide concerne un grand nombre d'espèces tropicales originaires des montagnes. Ce milieu particulier permet une grande diversité de biotopes : un très fort ensoleillement sur les versants dépourvus de haute végétation, ou au contraire l'ombre des sous-bois ; une relative sécheresse atmosphérique ou la saturation perpétuelle des « forêts de brouillard » ; un régime de pluies saisonnières ou constantes, etc. Ces conditions de vie impliquent donc des modes de culture très variables.

Le seul point commun de ces milieux reste l'altitude, et donc la fraîcheur voire le grand froid auxquels la végétation s'est adaptée. C'est à cette contrainte fondamentale que répond la culture en serre froide. Bien sûr, une véranda, une pièce non chauffée de la maison peuvent remplir la même fonction.

Avant de détailler les conditions de températures, rappelons que pour la plupart des orchidées, il convient d'assurer une ample variation de ces températures entre le jour et la nuit, et entre les saisons. Une différence de 5 à 8 degrés est souvent un impératif pour permettre l'initiation florale. D'autre part, de nombreuses plantes ont une bonne marge de tolérance, et peuvent supporter des dépassements de leurs températures idéales, surtout pour une courte durée. Enfin, la température d'une pièce ou d'une serre n'est jamais homogène, et l'amateur peut disposer de zones plus ou moins froides dans le même local de culture ; même une serre « tempérée » comporte des zones fraîches ; nous pouvons ainsi répondre aux besoins particuliers de nombreuses plantes dans le même local.

 

 

Les températures « froides » oscillent idéalement entre 7° au minimum (durant les nuits d'hiver), et 26° au maximum (durant les journées d'été). De façon plus détaillée, la fourchette idéale va de 8 à 18° l'hiver, et de 12 à 26 l'été. Un modeste système de chauffage et une bonne isolation suffisent à assurer les minima en période de gel ; la principale difficulté est plutôt de conserver la fraîcheur en été . Pour cela, nous disposons de plusieurs méthodes.

 

D'abord, sortir les plantes en plein air , de la mi-mai à la fin octobre environ : posées ou suspendues, elles passent ainsi la bonne saison dans des conditions de ventilation et de température presque idéales.

Il faut veiller à les placer à l'abri du plein soleil de la mi-journée, trop agressif pour la plupart d'entre elles ; on les dispose donc sous des arbustes au feuillage léger, ou sous une ombrière artificielle. Il faut également veiller à leur stabilité : une bourrasque peut renverser les pots, voire une étagère entière comme cela m'est arrivé !

 

Ce séjour au jardin présente toutefois quelques inconvénients qu'il faut pouvoir contrôler.

D'abord, la ventilation naturelle associée à la forte chaleur du jour dessèche excessivement l'atmosphère : il convient donc de pulvériser régulièrement de l'eau non calcaire quand les plantes ne sont pas exposées aux rayons directs du soleil ; on peut également disposer les plantes sur un lit de billes d'argile expansée, dans des bacs où l'on maintiendra un fond d'eau. L'évaporation limitera légèrement les effets combinés de la chaleur et de la sécheresse.

A l'inverse, exposées à la pluie naturelle, les plantes sont parfois « arrosées » en continu, et n'ont pas toujours l'occasion de sécher entre les averses, ce qui peut devenir problématique pour les racines. Surtout si l'eau peut s'accumuler dans des bacs que l'on n'a pas perforés à un ou deux centimètres au dessus de leur fond : noyade assurée !

A noter que les pluies nocturnes à la bonne saison ne posent aucun problème, contrairement au principe qui nous rappelle toujours de « n'arroser et pulvériser que le matin, de manière à ce que le feuillage soit sec pour la nuit, sous peine de pourriture » : en réalité, comme dans la nature, nos orchidées (« froides » ou « tempérées », mais pas les « chaudes » ) supportent parfaitement d'être mouillées à toute heure du jour et de la nuit, mais ceci n'est valable que pour l'été ; sous nos climats, de l'eau stagnante dans le coeur des plantes reste extrêmement nuisible en hiver.

Enfin, dernier embarras, qui dit « plantes au jardin » dit aussi «parasites à profusion » : beaucoup plus que dans une serre, vos orchidées seront exposées aux pucerons, cochenilles, chenilles, escargots, limaces, cloportes, perce-oreilles, mille-pattes, vers et larves en tout genre, qui éliront souvent domicile au plus profond du compost et le transformeront en pouponnière pour leur abondante progéniture. Et quand vous rentrerez vos pots en automne, ce sont de véritables biotopes grouillants de vie que vous mettrez à l'abri du gel, et qui essaimeront dans les pots restés prudemment dans la serre. Ce sera « l'hiver meurtrier » pour les racines, les jeunes pousses et surtout les tendres tiges à fleurs !

Ce problème majeur n'est pas insurmontable : en mobilisant tous les procédés de lutte préventive et curative, vous pouvez très fortement limiter les dégâts. Outre les produits phytosanitaires systémiques, assez radicaux, vous pouvez utiliser les vieux trucs de piégeage : à intervalles réguliers, et intensivement au moment de la rentrée des pots, vous disposez et contrôlez les pièges à bière, les rondelles de pomme de terre ou de concombre (le légume aqueux le plus plébiscité par nos ennemis intimes), etc. Ce piégeage est d'autant plus efficace que les pots sont secs : pensez-y la veille des arrosages.

Au total, sortir les plantes dans le jardin reste une bonne formule pour une petite collection, et ne réclame aucun équipement particulier.

 

Si vos plantes doivent passer l'été dans la serre , vous devrez empêcher la température d'y monter excessivement.

Pour cela, un ombrage extérieur est un minimum : « blanc d'Espagne », volets, stores, toiles plus ou moins translucides, installés à l'extérieur de la serre à une vingtaine de centimètres au dessus du toit et déroulés en milieu de journée, limitent l'échauffement de l'atmosphère. L'idéal est que cette installation soit automatisée et puisse fonctionner en votre absence. Les équipements qui déroulent les occultants sous l'effet du soleil et les referment en cas de grand vent ne représentent qu'un investissement modéré, à l'échelle des frais d'une serre équipée.

Le système du « cooling », beaucoup plus efficace, est aussi beaucoup plus cher et ne se justifie que pour de grands espaces de culture. Il consiste à maintenir détrempé un voile de tissu ou de feutre (ou tout autre matériau absorbant) tendu verticalement : sa base repose dans un réservoir d'eau, et une rampe alimentée par une pompe fait ruisseler l'eau sur toute sa surface depuis son sommet, le tout opérant en circuit fermé. Le souffle d'un ventilateur très puissant, placé derrière, traverse la toile, est rafraîchi au contact de l'eau et diffuse cette fraîcheur dans toute la serre.

Moins imposant, le « mur d'eau ». Cette plaque de culture humide se présente en gros comme une miniaturisation du cooling ; il suffit de lui adjoindre un ventilateur pour qu'elle remplisse la même fonction à petite échelle, mais il vaut mieux ne pas y maintenir les plantes qui y poussent habituellement : elles en seraient trop « réfrigérées ».

Un diffuseur de brouillard, un humidificateur, un bassin avec jet d'eau sont aussi des auxiliaires précieux.

En tout état de cause, faites tourner les ventilateurs. Et si la température de la serre reste supérieure à celle de l'air extérieur, ouvrez les vasistas, créez des courants d'air, assurez le renouvellement de l'atmosphère.

 

Une fois la température sous contrôle, les autres paramètres sont simples à maîtriser.

De nombreuses orchidées épiphytes des forêts de montagne vivent dans une humidité atmosphérique proche de la saturation ; ces brouillards sont si intenses qu'ils suffisent à abreuver les plantes en dehors de la saison des pluies. Vous devrez donc humidifier beaucoup votre serre froide, et davantage en été qu'en hiver.

Vous devrez aussi prévenir les maladies fongiques qui se développent dans ce type de climat : une forte ventilation continue est nécessaire, surtout les nuits d'hiver, où il faut empêcher la condensation de l'eau glacée sur les feuilles. Une bonne aération de quelques minutes est également souhaitable, dès que le temps est assez clément.

 

En ce qui concerne l'arrosage , il devra bien sûr respecter les besoins de chaque espèce et éviter le pourrissement des racines.

En général, il sera plutôt abondant en été : plus la plante boit et transpire, plus elle régule sa température interne. L'évaporation par les pots de terre cuite contribue aussi à modérer les températures estivales.

En hiver par contre, les arrosages seront très espacés et peu copieux, voire supprimés pour certaines espèces qui réclament un repos absolu. De même pour les pulvérisations, à effectuer le matin en cette mauvaise saison.

Toute l'année, l'eau d'arrosage devra être tempérée plutôt que froide.

 

 

Quelles plantes adopter ? Le choix d'espèces n'est pas aussi vaste que pour des climats tempérés, mais il est largement suffisant pour constituer une collection impressionnante. Chacun espèce réclame bien sûr un ensoleillement et des rythmes d'arrosage spécifiques : renseignez-vous avant d'acquérir une plante, et approfondissez vos connaissances ! Et rappelons que beaucoup de plantes ont une certaine marge de tolérance : une plante « froide » exposée durablement à un climat tempéré-chaud ne mourra pas nécessairement, mais il est vrai qu'elle se développera mal et refusera sans doute de fleurir.

 

 

Voici une énumération sommaire des genres les plus courants . Vous trouverez une liste très détaillée des genres et des espèces dans une nouvelle publication des ORB,en vente dans notre club.

La consulter sera nécessaire pour choisir les espèces adéquates, à l'intérieur des genres dont la culture est hétérogène. Attention en particulier aux Angraecum, Bulbophyllum, Coelogyne, Cymbidium, Dendrobium, Encyclia, Epidendrum, Oncidium, Paphiopedilum, Pleurothallis et Vanda. Pour ces genres dont la culture va parfois du plus chaud au plus froid, le chiffre entre parenthèses signale le nombre approximatif d'espèces concernées par la serre froide. Les détails suivront !

 

 

En climat vraiment froid,

vous pourrez installer

En climat frais (tempéré-froid),

vous pouvez y ajouter

Ada, Angraecum magdalenae, Anguloa,

Bletilla,

Cochlioda, Coelogyne (10) , Cymbidium (20) , Cypripedium, Cyrtochilum

Dendrobium (40 ), Disa, Dracula,

Dryadella

Earina, Epidendrum (18),

Laelia (13), Lemboglossum, Lycaste , (en hiver, 10 )

Masdevallia, Maxillaria (4)

Neofinetia

Odontoglossum, Oncidium (25),

Osmoglossum,

Paphiopedilum (à feuilles unies) (7), Pleione, Pleurothallis (25)

Restrepia, Rossioglossum

Scaphosepalum (5) ,

Trudelia (Vanda) cristata

Zygopetalum (5)

 

Aerangis (2) , Amesiella , Ancistrochilus (en hiver), Angraecum (6),

Barkeria (repos hivernal) , Bifrenaria (hiver), Bollea (hiver) ,

Calanthes caduques, hiver ; Cattleya (8, hiver), Chysis (hiver),

Dendrobium (30), Diaphananthe,

Encyclia (10), Epidendrum (20), Eria,

Holcoglossum (Vanda) (3),

Lepanthes

Maxillaria (30), Miltonia (2), Miltoniopsis,

Oncidium (45), Ornithophora

Paphiopedilum (10), Phragmipedium (2) ,

Pleurothallis (20)

Sarcochilus, Scaphosepalum (10) , Sophronitis , Stanhopea (3), Stenoglottis

Vanda (en hiver, 10)

Zygopetalum

 

 

Et parmi les hybrides les plus courants, citons

Cymbidium

Odontonia

Vuylstekeara

Wilsonara

Beallara

Cambria

Miltassia

Odontocidium

Odontioda