Présentations des plantes des réunions

 

 

La période des fêtes est là ; c’est le moment de (se) faire plaisir, et les occasions ne manquent pas.

Mais autant éviter les achats inconsidérés qui vous laisseront avec une plante moribonde sur les bras en cinq ou six semaines.

Règle numéro un : se méfier des coups de cœur. Bien sûr, c’est un effort contre nature :

Si une plante nous fait tomber en arrêt,

Si elle nous fascine et nous éberlue, nous voulons absolument l’emporter.

Pourtant, vérifions d’abord si nous pouvons lui offrir les conditions de vie qu’elle réclame :

la Masdevallia veitchiana, pour ne citer qu’une seule espèce botanique, ou les habituels Cambria et autres Burrageara dépériront rapidement dans un appartement toujours chaud ; et inversement, les espèces chaudes ne survivront pas dans une véranda glacée ou un couloir battu par les courants d’air.

Vérifions aussi prioritairement les exigences en lumière, en humidité atmosphérique, et les supports idéaux pour la croissance : nous ne sommes pas tous capables d’accueillir n’importe quelle plante.

Au-delà de ces critères généraux de survie, vérifiez l’état de santé apparent de la plante qui vous attire : des feuilles d’un vert franc et uni, sans taches qui témoigneraient d’une maladie ; des pseudobulbes d’un bon calibre, conforme au genre ; une plante en bonne croissance, comportant plus de nouvelles pousses que d’arrière-bulbes sans feuilles.

Et bien sûr, pour vérifier à fond l’absence de toute trace de pourriture, de maladie fongique ou d’attaque de parasites, pensez à regarder le revers des feuilles, et retournez le pot sous tous les angles.

Vérifier l’état des racines est plus difficile : il est tentant de dépoter doucement la motte pour évaluer le développement de la masse racinaire, la stabilité de la plante dans son compost, et la vitalité des racines.

Mais cette pratique est assez indélicate et aucun marchand n’appréciera que l’on triture ainsi ses plantes.

Tâchez de vous faire une idée avec les racines qui pousseraient en surface du pot, ou qui s’échapperaient par les trous de drainage ; ce contrôle est évidemment plus facile avec des pots de plastique transparent.

Quant aux hampes florales, elles doivent être bien garnies, et idéalement seules les fleurs inférieures doivent être ouvertes ; les boutons floraux, majoritaires, doivent confirmer que la floraison ne fait que commencer.

Un critère classique pour offrir un cadeau présentable.

 

Tâchez aussi d’évaluer les soins dont la plante a pu bénéficier :

Semble-t-elle avoir été sur arrosée depuis longtemps,

Dans un substrat d’écorces détrempées jusqu’à la moelle ?

Ou au contraire, montre-t-elle des signes de déshydratation excessive ?

Les feuilles, trop luisantes pour être honnêtes, ont-elles été saturées de produit lustrant au point qu’un puceron y déraperait ?

Sont-elles au contraire couvertes d’une pellicule de poussière grasse ?

Ces cas de figure ne sont pas exceptionnels.

 

Considérez aussi l’environnement : inspire-t-il confiance ?

Les plantes voisines semblent-elles correctement entretenues, ou l’ensemble des pots montre-t-il des signes d’infestation ?

Certaines tablettes de culture proposent parfois nombre de plantes manifestement malades, au voisinage direct des autres ; ou bien, elles sont uniformément envahies d’oxalis ou de fougères ; parfois, les dégâts des limaces et escargots sont spectaculaires, signes d’une prolifération sans contrôle : autant de symptômes d’un mauvais entretien général.

Méfiance !

 

Prenez également un peu de recul et voyez dans quelles conditions la plante vous est proposée : êtes-vous sur les lieux mêmes de sa culture (dans la serre d’un producteur), ou dans un simple point de vente rapide ?

Dans ce dernier cas, est-il valablement aménagé ?

Les plantes souffrent souvent dans un simple dépôt-vente où les températures chutent excessivement la nuit, et où aucun soin n’est dispensé.

 

Autre scénario aberrant mais de plus en plus fréquent : des Phalaenopsis en fleurs, en plein air, dans les marchés de Noël. Après quelques heures à la limite du gel, au mieux, seule la floraison sera perdue ; mais le plus souvent, la plante dépérira rapidement.

Surtout si, croyant bien faire, vous la replacez rapidement à une chaleur intense « pour l’aider à se remettre au plus vite ». Un tel contraste de températures achèvera plutôt la malheureuse.

Mieux vaut, dans ce cas de figure, la ré acclimater très progressivement, en la maintenant un peu au sec tant qu’elle a froid.

Subsidiairement, consultez l’étiquetage : plus il sera précis (nom, recommandations de culture), mieux cela vaudra.

Après l’achat, tâchez de laisser la plante isolée pendant quelques petites semaines et observez-la de près : nous omettons souvent cette quarantaine, et nous nous en mordons les doigts quand nous voyons les cochenilles envahir notre collection.

Et enfin, rempotez la plante à la première occasion, surtout s’il s’agit d’un hybride de la grande distribution :

Son compost a été « programmé » pour amener la plante à sa floraison, et il est sûrement en bout de course ;

Sans compter qu’il était adapté aux soins spécifiques du producteur, et que vous ne pourriez sûrement pas les reproduire chez vous.

Bien sûr, avant l’achat, une des premières questions à se poser concerne  le futur propriétaire (vous-même ou l’ami à qui vous voulez faire un cadeau) :si c’est un parfait ignorant ou un débutant, à qui vous voulez simplement faire plaisir, concentrez-vous sur des hybrides faciles à vivre et florifères ; vous en trouverez d’excellents dans tous les points de vente et à tous les prix :

Ils seront plus chers mais mieux présentés chez les fleuristes ;

Meilleur marché mais dans un conditionnement plus rudimentaire dans les grandes surfaces et sur les marchés ;

Généralement à un « juste prix » (tout est relatif ! ) et avec de bonnes garanties de qualité chez un producteur spécialisé.

Considérez en passant qu’une plante à très bas prix n’a peut-être justement pas grande valeur !

Il peut s’agir d’un clone reproduit industriellement en immenses quantités, forcé pour fleurir rapidement, et voué à dépérir par la suite ; il peut aussi s’agir de plantes  rejetées par les sélectionneurs : ces semis qui ne répondent pas à leurs attentes (fleurs trop petites, trop peu nombreuses, trop éphémères, mal colorées etc.) sont liquidées par stocks entiers, à bas prix. Ce qui n’est donc pas forcément une bonne affaire pour vous.

Si au contraire vous envisagez un achat plus ciblé, avec une plante de collection destinée à un connaisseur, vous redoublerez évidemment d’attention, et consulterez le marchand.

 

C’est là que nos producteurs spécialisés sont irremplaçables.

 

Bons achats et bonne culture à tous.

 

F.Lejeune