Présentations des plantes des réunions

LES COCHENILLES

 

Plusieurs sortes de cochenilles peuvent envahir nos orchidées.

1- les cochenilles à carapace qui se divisent en deux groupes

les diaspines et les lécanines ;

2- les cochenilles farineuses ou pseudococcines.

1. Les cochenilles à carapace

A) Groupe des diaspines

Ces cochenilles sont répandues dans les cinq continents. Elles se développent sur beaucoup d'espèces d'arbres ornementaux et fruitiers et sur certaines cultures florales dont les cactus et les orchidées.

Elles présentent un grand dimorphisme sexuel.

Les femelles très reconnaissables et les plus abondantes, sont immobiles et vivent sous la protection d'une carapace. Ce bouclier mesure environ 3mm et peut être de couleur gris, marron ou brun foncé, selon l'espèce. Cela ressemble à un coquillage miniature.

Sous cette carapace se trouve la femelle dont l'appareil le plus important est un rostre très long que l'insecte utilise pour se nourrir de la sève de la plante. Elle peut y pondre 30 à 40 oeufs.

Les mâles ne représentent que 1 à 2 % de la population totale. Leur carapace est beaucoup plus allongée. Au stade adulte, ils la quittent.Ils sont pourvus de pattes, d'ailes et d'antennes et présentent l'aspect de minuscules moucherons.

Les larves, dotées de 6 pattes, effectuent de courts déplacements pendant quelques heures. Vu leur très faible poids (1/100 mg.), le moindre souffle de vent les transporte sur d'autres plantes. Bientôt les jeunes cochenilles vont perdre leurs pattes et secréter leur carapace.

Ces ravageurs attaquent tous les organes aériens des orchidées. Ils se regroupent à la naissance des feuilles. Les femelles accrochent leur carapace principalement sur les feuilles mêmes.On compte une à trois générations par an.

Comment les détruire ?

a) la lutte culturale

Sur nos orchidées, la destruction manuelle est possible. Il suffit de nettoyer les feuilles avec du coton imbibé d'1/3 d'eau et de 2/3 d'alcool.

b) la lutte biologique

Les orchidophiles, sous nos climats, n'ont pas de réels moyens de lutte biologique. Seules les coccinelles indigènes se nourrissent de cochenilles diaspines mais leur action est secondaire.

c) la lutte chimique

A répéter à deux époques précises

- fin de l'hiver - début du printemps,

- soit du 15 au 31 mars;

- fin du printemps - début de l'été,

- soit du 15 au 30 juin.

On utilise essentiellement du parathion ou du malathion, mélangé à des huiles de pétrole

B) Groupe des lécanines

Ce groupe est très important. Les lécanines sont abondants en culture sous serre, notamment sur les orchidées. lis nécessitent une surveillance constante.

La femelle mesure de 2 à 6 mm de long et est de couleur foncée, variable selon l'espèce. Elle n'a pas, à proprement parler, de carapace mais une peau dure et coriace imprégnée de cire qui la protège du milieu extérieur. Lorsqu'on soulève cette pseudo-carapace, on ne la voit pas. Elle reste fixée à son enveloppe protectrice.

Cette particularité permet de faire la distinction entre lécanines et diaspines. Leur forme est circulaire et bombée. On les appelle parfois « cochenilles-tortues ».Dans le groupe des lécanines évoluant en serre chaude, résidence habituelle de nos orchidées, les femelles peuvent pondre de 1.000 à 2.000 ceufs et leur activité est continue toute l'année durant.

Les jeunes larves sont mobiles (6 pattes). Elles se déplacent pendant plusieurs heures puis se fixent à proximité des autres cochenilles où elles forment d'importantes colonies. Vu leur extrême légèreté, le vent peut les entraîner sur les plantes voisines.

Les dégâts provoqués par les lécanines sont graves. Ils consistent en jaunissement et chute des feuilles, en brûlure de limbes provoquée par les exsudats sucrés et en un envahissement par les champignons responsables de la fumagine, ce qui conduit à un affaiblissement général de la plante.

Comment les détruire ?

a) la lutte culturale

nettoyer les feuilles avec du coton imbibé d'1/3 d'eau et de 2/3 d'alcool.

b) la lutte biologique

action secondaire des coccinelles indigènes c) la lutte chimique

utiliser, à la fin de l'hiver, en pulvérisation,du parathion ou du malathion, mélangé à des huiles de pétrole (oléoparathion ou oléomalathion). Répéter l'intervention au printemps.

2. Les cochenilles farineuses

Les cochenilles farineuses ou pseudococcines sévissent sur un grand nombre de plantes ornementales cultivées en serre, dont les orchidées. Sous nos climats, l'insecte ne se développe pas en plein air.

Alors que les cochenilles à carapace sont immobiles pendant pratiquement toute la durée de leur vie, les pseudococcines sont mobiles à tous les stades.

Les femelles mesurent de 3 à 7 mm de long. Elles sont de couleur blanche et de forme ovale.

A l'aide d'une loupe, on distingue facilement les deux antennes et les trois paires de pattes. Elles pondent 300 à 600 oeufs qui sont disposés par groupes de 100 environ dans une masse floconneuse.

Ces neufs ont un développement très rapide dans des températures de 22° C. et une atmosphère humide. Chaque année, quatre générations peuvent se succéder.

En hiver et en serre froide, cette cochenille se réfugie dans le sol et se fixe sur le collet et les racines des plantes. Au printemps, elle revient sur l'appareil aérien.

Ces cochenilles farineuses causent de substantiels ravages qui vont du jaunissement des feuilles et de la diminution de l'assimilation chlorophyllienne, à la chute des feuilles et au dépouillement complet des plantes.

De plus, le miellat important qu'elles secrètent va entraîner le développement du champignon de la fumagine.

Comment les détruire ?

a) la lutte biologique

une coccinelle australienne, Cryptolaemus montrouzieri, se nourrit des pontes de pseudococcines mais elle ne peut se maintenir que sous des climats très chauds (peut-être dans nos serres ?). Même à la Côte d'Azur, l'hiver peut lui être fatal..

b ) la lutte chimique

utilisez des insecticides organo-phosphorés en pulvérisation (,parathion - malathion.)

Le parathion

C'est un composé organo-phosphoré. Il agit par contact, ingestion et inhalation sur beaucoup d'insectes (mais aussi sur l'utilisateur!).

Il est donc très toxique et sa manipulation exige beaucoup de précaution, même dans sa préparation huileuse (oléoparathion).

Le malathion

C'est aussi un composé organo-phosphoré. Il agit par contact, ingestion et inhalation sur beaucoup d'insectes ainsi que sur les acariens.

II est peu toxique pour l'utilisateur mais il a l'inconvénient de dégager une odeur très désagréable. Sur les orchidées, le malathion s'utilise en pulvérisation, contre pucerons et acariens et en préparation huileuse (oléomalathion) contre les cochenilles.

D'AUTRES MOYENS DE LUTTE

L'imidacloprid

L'imidacloprid est commercialisé, en France, sous le nom d'Admire. C'est un excellent produit mais il est nocif. en inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, il peut entraîner des risques de gravité limitée. On l'utilise sous forme de pulvérisation et son odeur est légère.

La firme Bayer le commercialise sous le nom de Cofidor j . Il se présente sous forme de liquide à diluer et à pulvériser.

Cette même firme le commercialise également sous le nom de Provado Combi Pin, sous forme de bâtonnets à enfoncer dans le pot ce qui le rend nettement moins nocif pour l'usager.Sous ce nom, il est associé à un engrais NPK 6-3-4. Les substances se dégagent lentement sous l'effet des arrosages

L'arrosage au savon noir

Certains amateurs affirment pouvoir limiter la propagation des cochenilles en les pulvérisant régulièrement avec du savon noir dilué.

Bibliographie

Les Animaux nuisibles aux Plantes Ornementales - André TRACOL et Gérard MONTAGNEUX.

La Flore de A à Z - Librairie Jules TALLFNDIER - Imprimerie Arts Graphiques DMC à Mulhouse

 

A.Jenicot