Présentations des plantes des réunions

 

L’huile de Neem, la nouvelle panacée horticole.

 

 

 

Vous avez tous entendu parler de ce « nouveau venu » sur la scène horticole. Depuis une petite dizaine d’années, les livres, revues et sites Internet vantent ses innombrables mérites : fertilisant, insecticide, fongicide, antiseptique, en toute pureté écologique : la promotion du produit ne recule devant rien ! 

Nous sommes déjà quelques-uns à utiliser ce produit miracle dans nos cultures d’orchidées, avec des résultats fort convaincants. (Et pour ne citer que lui, Gérard Schmidt (« l’Amazone ») a renoncé aux produits phytosanitaires traditionnels, et ne traite pratiquement plus ses plantes qu’à l’huile de Neem : voilà sans doute l’argument le plus déterminant à verser au dossier.) 

Pour étendre son usage à tous les amateurs intéressés, nous en proposerons à l’avenir à la boutique du club. Le moment est donc venu de vous faire une présentation plus complète de cette panacée. Mérite-t-elle sa réputation ? Raisonnablement, oui.

 

Le produit végétal et ses vertus.

 

Le Neem ou Margousier (Melia azadirachta ou Azadirachta indica) est un arbre originaire du sud de l’Himalaya. Tolérant en matière de sols, de températures et d’humidité, il est maintenant cultivé dans toutes les zones tropicales du monde. On l’acclimate même dans le bassin méditerranéen. De croissance rapide, il peut atteindre une vingtaine de mètres, et vivre jusqu’à deux cent ans. 

Son écorce, ses feuilles, ses fleurs et ses fruits produisent plus d’une centaine de substances chimiques nocives ou répulsives pour les insectes, les champignons, les bactéries et même quelques virus. C’est l’amande du fruit qui produit la principale huile miracle, utilisée depuis des siècles par les agriculteurs et les médecins indiens.

Cette huile extraite de l’amande contient quelques éléments fertilisants et surtout fortifiants, (un peu d’azote, de soufre, divers oligoéléments). Absorbés comme des engrais foliaires, ils renforcent les défenses naturelles des plantes au point de les prémunir quasi parfaitement contre les principales maladies fongiques, bactériennes, et même contre le développement de certains virus. Dans ces domaines, l’effet préventif est, paraît-il, assuré ; l’effet curatif, lui, nécessite des applications un peu plus soutenues.

Et la lutte antiparasitaire ? C’est l’Azadirachtine, un des nombreux composés de cette huile de l’amande, qui produit les effets les plus spectaculaires pour des horticulteurs. 

Ingérée par les insectes, cette substance affecte leur programme de ponte, attaque leurs œufs, affaiblit leurs larves, les empêche de produire l’hormone qui leur permet de muer, et les laisse dépérir à l’état larvaire. D’autres substances, indigestes, amènent les parasites à cesser de s’alimenter.

Entre autres grosses contrariétés … 

Le Neem ne tue donc pas les parasites de façon aussi foudroyante et absolue que les poisons chimiques habituels. (C’est pour cela que la Commission Européenne a longtemps interdit sa vente sous l’étiquette d’insecticide.) C’est dans le moyen terme que le cycle de développement des indésirables est perturbé, et que leurs infestations sont enrayées. Mais l’effet est durable tant que des traitements sont administrés.

Un traitement régulier rend donc les plantes très inhospitalières à plus de 400 espèces nuisibles. Signalons entre autres différents pucerons, chenilles et larves de coléoptères, les aleurodes, thrips, araignées rouges, mille-pattes, perce-oreille, sauterelles … et nos exécrables cochenilles ! Rien d’exceptionnel hélas concernant les limaces et escargots : l’huile de Neem n’a sur eux qu’un faible effet répulsif … Par ailleurs, elle est inoffensive pour les mammifères, les insectes pollinisateurs et les vers de terre. Biodégradable, elle améliore même légèrement la fertilité des sols …  On comprend son succès ancestral dans son pays d’origine.

 

Ces différentes vertus se manifestent aussi dans les soins vétérinaires (c’est un antiparasitaire du bétail, un désinfectant des étables …) et dans la santé humaine. Correctement administré, le Neem intervient dans le traitement de nombreuses pathologies (dermatologie, respiration, digestion, infections diverses) et dans les soins cosmétiques (protection solaire, dentifrice, shampooing). 

Ces effets positifs de l’huile de Neem ne sont plus contestés (même si certains les exagèrent un peu), et on ne lui connaît aucun effet secondaire indésirable : au total, ce produit est plus que recommandable pour les amateurs soucieux d’optimiser leurs cultures et d’en finir avec les traitements phytosanitaires incessants et peu efficaces.

 

Le produit commercial.

 

L’huile de Neem est devenue un produit phare de l’agriculture, de la sylviculture et de l’élevage biologiques, et son usage tend à se répandre. Ceci dit, sa production mondiale est encore faible (un arbre à maturité ne produit que 30 kg de graines exploitables) et son coût reste fluctuant mais toujours élevé : vendu au détail, un litre de produit ne descend guère sous la barre des 29 €, et peut dépasser les 50. (Les « granulés d’huile », un peu moins coûteux, n’intéressent que l’horticulture de pleine terre et ne conviennent pas à nos épiphytes).

Soulignons d’abord qu’il existe différentes qualités d’huile, selon qu’elle a été extraite par pression à froid (la meilleure) ou à chaud, selon la qualité des arbres producteurs, selon le climat de culture … De plus, il est bon de savoir que des produits médiocres sont parfois vendus additionnés d’autres substances insecticides plus ou moins végétales, comme la Roténone ou pire. Surtout, retenons que « l’extrait » de Neem, fabriqué en laboratoire, n’a aucune vertu bio-stimulante : attention à bien lire les étiquettes !

L’huile naturelle pure est un produit soluble dans l’eau, et s’administre par pulvérisation. Elle se présente comme une pâte brunâtre plus ou moins compacte, qui a tendance à se figer avec la baisse des températures. Il faut la réchauffer légèrement pour la faire venir à l’état sirupeux ou liquide, immédiatement soluble dans l’eau. Il suffit pour cela de mettre le flacon à température ambiante dans la pièce d’habitation ; au pire, un moment sur un radiateur. (Attention, au-delà de 50 °C, l’huile se dégrade rapidement et perd ses principales vertus). Certains produits sont vendus déjà dilués par des solvants que l’on peut espérer inoffensifs, et qui réduisent légèrement la concentration en principes actifs (mais pas le prix). Son odeur est forte mais normalement pas dérangeante ; elle doit évoquer l’oignon grillé ou le café torréfié, avec une note acidulée. Une odeur vraiment désagréable (goudron ….) signale souvent un produit de moindre qualité. Le problème de l’odeur est toutefois secondaire, puisqu’il est facile de l’aromatiser à l’aide d’huiles essentielles (les flacons les plus couramment vendus ont un parfum d’Eucalyptus ; on peut utiliser la citronnelle, le géranium ou d’autres essences à volonté). 

Etant donné son prix, l’huile de Neem est évidemment un gros investissement pour une grande collection (mais cet investissement en vaut sans doute la peine : santé durable de toutes les plantes, « bye bye, le jardinet Tchernobyl », etc). Pour de petites ou moyennes collections, la formule est vraiment idéale : efficace, économique et écologique.

 

L’usage en orchidophilie.

 

Après avoir un peu liquéfié votre huile, diluez-la dans l’eau à raison de 1 à 3 centilitres par litre (soit un mélange de 1 à 3 %) ; plus votre huile sera pure, plus la concentration pourra être faible. En pulvérisant vos plantes, pensez à secouer votre récipient de temps en temps, pour empêcher l’huile de se déposer. 

Comme lorsque vous appliquez un engrais foliaire, vaporisez finement, en privilégiant le dessous des feuilles : leurs stomates, minuscules ouvertures qui évaporent l’eau et absorbent les produits, sont plus nombreuses sur la face inférieure des feuilles. Et puisque ces stomates s’ouvrent mieux dans l’air frais et humide, effectuez vos traitements de préférence en début de matinée ou de soirée.

Prévoyez une pulvérisation par semaine pour traiter des plantes vraiment malades ; un traitement toutes les deux ou trois semaines suffit à assurer les effets préventifs. Chacun adoptera de toute façon la fréquence qu’il voudra.

Ne vous alarmez pas de la couleur que prendront vos feuilles juste après une aspersion : elles seront recouvertes d’une petite pellicule huileuse, jaunâtre ou brunâtre, un peu collante, qui aura tendance à fixer les poussières et petits déchets flottant dans l’air. Laissez à la plante quelques jours pour absorber les principes actifs avant de rincer éventuellement le feuillage à l’eau claire.  Et en extérieur, ne pulvérisez pas par temps de pluie, bien sûr.

Entre deux traitements, conservez le produit au sec, à l’abri de la chaleur et de la lumière.

 

L’huile de Neem à la boutique des ORB.

 

Essayez à votre tour. Nous avons acquis chez un grossiste quelques dizaines de litres d’huile pure (très concentrée, sans solvants, ni additifs, ni arômes ajoutés). Nous vous la proposons pour la modique somme de 30 € au litre (sans doute le prix le plus concurrentiel du marché !). De quoi préparer de 60 à 100 litres de mélange utilisable, selon la concentration que vous choisirez. Si votre collection est de taille moyenne, c’est une quantité suffisante pour au moins une année de traitement régulier. 

Faites-nous part de vos observations sur son efficacité, sa solubilité, son odeur … Nous pourrons négocier quelques traitements avec notre fournisseur. 

 

 

Pour en savoir plus : www.neem.fr : le site francophone le plus sérieux, complet et structuré sur la question. C’est lui que les autres sites ont recopié, souvent maladroitement.

 

 

François Lejeune.